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Marcello Vitali-Rosati, « Qu’est-ce que l’écriture numérique ? », CORELA, HS-33, octobre 2020.

Il est évident que le statut du texte change profondément à cause de l’impact des technologies numériques. D’une part, dans les environnements numériques le texte est partout : les images, les vidéos, les clics, les objets et même les actions sont en réalité des séries de caractères. D’autre part, le texte acquiert une valeur opérationnelle. Comme le montrent Souchier et Jeanneret avec la notion d’“architexte”, le texte fait des choses, il produit d’autres textes ou des actions. La thèse de cet article est que ces changements en impliquent un autre: le texte devient un matériel architectural, dans le sens propre du mot – à savoir, et en dehors des métaphores, il est l’élément qui structure matériellement l’espace dans lequel nous vivons. Cette thèse est à la base de la théorie de l’éditorialisation, notion qui peut être définie comme “l’ensemble des dynamiques qui produisent l’espace numérique.”

Publications de deux articles de la CRC dans le nouveau numéro de Captures

Revue Captures
Vol. 5, n. 1
Dossier « Cartographie actuelle »

Enrico Agostini Marchese et Christelle Proulx, « Cartographier les internets. “Atlas critique d’Internet” et diagrammatique sensible de l’espace numérique », Captures, vol. 5 / 1, mai 2020, (« Cartographie actuelle »).

UTC cours à distance par Peppe Cavallari

Université de Technologie de Compiègne
IC01 - Histoire et prospectives des industries culturelles et des médias numérique

Formation aux outils de rédaction en sciences humaines

Bibliothèque des lettres et sciences humaines - UdeM
Pavillon Samuel-Bronfman; 3000, av. Jean-Brillant
Vendredi 28 février et mardi 10 mars

Antoine Fauchié, « Les technologies d’édition numérique sont-elles des documents comme les autres ? », Balisages, février 2020.

Les technologies d’édition numérique sont à l’origine des documents comme les articles ou les ouvrages, et elles constituent un exemple original d’objet nativement numérique. Dynamiques, modulables, protéiformes, plusieurs exemples récents de technologies tendent à interroger leur statut. Si notre point de départ est la comparaison entre les documents et les technologies d’édition numérique, nous les dissocierons en soulignant la dimension réflexive de ces technologies. Cet article présente trois exemples : Distill, une revue dont les articles sont gérés comme des programmes informatiques ; Quire, une chaîne de publication qui génère des livres multiformes ; Stylo, un éditeur de texte sémantique qui permet l’écriture dans un contexte d’édition scientifique. Notre méthodologie consiste en l’analyse de ces trois systèmes de publication, emblématiques des transformations numériques à l’œuvre, basée sur trois critères (structure, inscription et réflexivité). Ces trois initiatives rassemblent nombre des spécificités propres aux objets nativement numériques qui nous entourent désormais, alors que les technologies d’édition traditionnelles reposent principalement sur une chaîne d’impression.

Marcello Vitali-Rosati, Servanne Monjour, Joana Casenave[et al.], « Editorializing the Greek Anthology: The palatin manuscript as a collective imaginary », Digital Humanities Quarterly, vol. 014 / 1, 2020.

Marcello Vitali-Rosati, « Pour une théorie de l’éditorialisation », Humanités numériques, vol. 1, 2020.

Le fait numérique a été pensé et interprété pendant des dizaines d’années dans diverses perspectives disciplinaires : des media studies aux sciences de l’information et de la communication, en passant par la sociologie, la psychologie, les sciences politiques, etc. Cela n’est pas surprenant dès que l’on considère – avec Milad Doueihi – que le « numérique » peut être pensé comme un phénomène culturel au sens large, touchant à l’ensemble de nos vies et remettant en cause la totalité de nos catégories conceptuelles. L’expression « humanités numériques » peut en quelque sorte servir à signifier cette universalité du fait numérique : il est question de ce que devient l’humanité à l’époque du numérique. La même universalité est ce qu’aspire à prendre en compte une approche philosophique : au-delà de toute spécificité disciplinaire, le questionnement philosophique vise à comprendre un phénomène ou un fait dans l’ensemble de ses implications. Cet article a l’ambition de partir du concept d’éditorialisation pour proposer une théorie philosophique du monde à l’époque du numérique. Une philosophie, donc, non pas « du numérique », car l’objet de la philosophie ne peut qu’être universel, mais plutôt une philosophie « à l’époque du numérique ».

Enrico Agostini Marchese, « How to do cities with words. Ville, espace et littérature à l’ère hyperconnectée », in Christelle Proulx, jake Moore, (éds.). L’agir en condition hyperconnectée : art et images à l’œuvre, éds. Christelle Proulx et jake Moore, Montréal, PUM, 2020, (« Parcours Numériques »).

Désolidarisée de la position fixe de l’ordinateur du bureau, la connexion devenue hyper est non seulement intégrée à l’espace urbain et à ses structures, mais se fait désormais par l’intermédiaire des dispositifs mobiles que nous avons avec – et sur – nous à tout moment et à tout endroit. Ce texte étudie la condition hyperconnectée sous l’angle de la mobilité, de la littérature numérique et de l’espace urbain. En analysant deux projets littéraires portant sur le rapport entre images de la ville et hyperconnexion, Les lignes de désir (2016) de l’écrivain français Pierre Ménard et le chantier collaboratif montréalais Dérives (2010-), il pousse à réfléchir à certains changements que les technologies numériques apportent à la ville, ainsi qu’à la manière dont la littérature peut s’emparer de ces dernières afin de produire de nouveaux imaginaires spatiaux.

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